(Re)prendre sa vie en main et (Re)découvrir le champ de tous ses possibles

Sororité…

J’ai été invitée par mon amie Emilie à écrire sur la Sororité. Marie a aussi été invitée à développer sur ce sujet. Chacune, nous publions aujourd’hui un texte avec nos idées, sur nos blogs respectifs. Vous trouverez les liens à la fin de mes lignes. Toutes les photos et la mise en scène ont été imaginées par Emilie.

Ce qui suit ne ressemble en rien à ce que j’écris habituellement. Et une fois n’est pas coutume, ma pensée sera écrite à la 2ème personne du singulier.

***

Sororité

« À Toi, ma sœur qui ne me juges pas. Toi, qui ne fais aucune critique sur ma manière de vivre. Toi, qui ne t’insurges pas si je ne veux pas d’enfants. Toi, qui ne t’offusques pas si j’envisage une famille nombreuse. Toi, qui te tais alors que je décide d’avorter. Toi, qui ne te choques pas si je choisis d’être gendarme. Toi, qui ne considères pas que je suis idiote parce que je suis esthéticienne. Toi, qui regardes mon Homme comme mon Homme et pas le potentiel tien. Toi, qui me prends dans tes bras sans mot dire quand il abandonne lâchement notre couple. Toi, qui ne diras rien si je m’éprends d’un Homme déjà marié même si cela t’inquiète.  Toi, qui ne regardes pas mon cul comme un ennemi. Toi, qui ne vois pas ma cellulite et mes capitons comme une infériorité qui te valorise. Toi, qui as un visage ébène. Toi, qui ne dis pas que je suis forcément raciste parce que je suis blanche. Toi, qui évites de fixer mes jambes quand je porte des talons aiguilles. Toi, qui ne te moques pas si je ne prends pas soin de moi. Toi, qui plaisantes avec moi alors que je suis voilée. Toi, qui ne te soulèves pas si je te dis que Dieu n’est rien.

Toi, tu ouvres ta porte à 3 heures du matin. Tu me donnes de la tendresse quand j’ai envie de pleurer. Tu tiens ma robe de mariée quand je vais faire pipi en prenant soin qu’elle ne soit pas salie. Tu me donnes la main si j’ai peur de la Vie. Tu passes rapidement ton doigt sur mon col pour le remettre droit. Tu sautilles avec moi quand je ris. Tu ne te précipites pas pour me donner ton avis et des solutions que je ne te demande pas. Tu es joie avec moi. Tu pleurs avec moi. Tu danses avec moi.

Tu m’inspires et je te le rends. Tu me respectes et j’en fais autant. On se rassure sans se le dire. On est à l’aise. On se dit merci. On se dit qu’on s’aime. On se reconnait. On est les mêmes.

On a une poitrine, un vagin et un utérus. Et si tu n’en as plus, on fait comme si. Et si tu n’en as pas, mais que tu te sens comme moi, tu es ma sœur aussi. Parce que ce qui nous rapproche va bien au-delà.

De la délicatesse, de l’esprit, de la douceur, de la bienveillance, l’œil du détail, du beau, le sens du maternage, des soins et du soutien. Des courbes et de la sensualité. De la compassion et de la sensibilité.

Tu es de mon sang ? Pas forcément. Tu es celle que je choisis pour remplir ce rôle. Celle avec qui je suis une femme. Du sexe femme. Genré femme. Peu importe d’ailleurs, même si j’imagine que je n’aurai encore pas les bons termes pour certaines.

Et là se pose tout le problème. De la Fraternité est née la Sororité. Du Patriarcat sont venues les mouvements féministes. Je suis Féministe. Une féministe qui tient à montrer que les hommes et les femmes sont égaux. Les hommes n’ont pas le droit d’opprimer des femmes sous le prétexte qu’elles sont des femmes. Les femmes n’ont pas le droit de maltraiter des hommes sous le prétexte qu’ils sont des hommes. 

Cela dit, là n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Ma Sororité me parle de mes sœurs dans l’adversité comme dans ce que l’on vit au quotidien. Dans nos enfants turbulents, dans nos peines de cœur, dans nos agendas de folles, dans nos seins qui tombent et dans notre ménopause. Dans ce qui nous constitue. En un regard, on se comprend. Pas besoin de mot en soit.

On jette la pierre sur les hommes en les faisant responsables de la jalousie, du manque de confiance en soi, de la rivalité. On dit qu’ils nous divisent pour mieux régner. Mais comme j’aime souvent à le dire, on est responsable de qui on est et de comment on veut se comporter. Les femmes ont créé elles-mêmes et de toute pièce leur mal-être entre elles.

Aujourd’hui, si on a le droit de dire merde aux hommes, on peut le dire aux femmes aussi. Mais c’est presque dommage de devoir en arriver là. Tu ne crois pas ?

Pourquoi tu cherches à me jauger ? Pourquoi tu cherches à m’humilier ? Pourquoi tu cherches à me changer ? Pourquoi tu es si dure avec moi ? Moi, je refuse cette famille-là. Je refuse ces sœurs qui n’en sont pas.

Et si tu devenais ta propre sœur ? Tu sais que tu as le droit de t’aimer telle que tu es. De trouver tes fesses canons et tes bourrelets mignons. Tu as le droit de porter des bleus de boulot, si tu trouves que c’est plus beau. Tu as le droit d’avoir des abdos en béton ou le ventre rond. Tu as le droit de t’aimer et d’aimer comme tu l’entends. Tu as le droit de hurler plus grand. Tu as le droit de vivre tes rêves en violet ou en blanc.

Et là, alors je te dirai : « À toi ma sœur de cœur, tu as le droit d’être telle que tu es. Je te soutiens. Je suis là. Car je te comprends. Je sais… ». »

***

Je remercie ma sœur Mimi pour cette invitation à discourir sur ce sujet. Mimi a le sens de la Sororité, ça coule en elle à en déborder. Vous pouvez lire sa déclaration de sororité en cliquant ici.

Je remercie ma sœur Marie d’avoir bien voulu rejoindre ce billet. Marie a le Sista’Hood dans la peau. Vous trouverez son texte sur une sororité engagé en cliquant .

Je remercie toutes les sœurs, qui prennent soin de toutes mes autres sœurs et qui me laissent aussi prendre soin d’elles quand elles le souhaitent. Je remercie toutes nos sœurs, qui prendront le temps de nous lire.

Delphine

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